Le feu lui a pris son atelier de Norges-la-Ville, le 19 janvier. Mais un Meilleur ouvrier de France a de la ressource. Pour le chocolatier dijonnais Fabrice Gillotte, Pâques 2021 a le bon goût de la résilience. Son fils Julien, directeur marketing, en témoigne.

Fabrice Gillotte et son fils Julien. © Gaëlle BC

Aménagement express
« Les boutiques de Dijon, Beaune et Besançon n’ont jamais fermé. Dès le lendemain, nous étions sur la réorganisation. En face du bâtiment détruit, un espace de stockage a servi d’unité de production provisoire. Après déménagement de notre marchandise et installation d’un parc machines, cet outil permet de produire depuis plusieurs semaines. Rien de comparable aux 1200m2 d’avant : nous travaillons sur une surface six fois plus petite. Mais on sait d’où l’on vient. Nos équipes ont fait preuve d’un sens de l’adaptation admirable. Et ça tourne ! »

D’un MOF à l’autre
« Dès le 24 janvier, nous étions à Sceaux (Hauts-de-Seine) chez notre confrère et ami Patrick Roger, qui utilise des technologies similaires aux nôtres, ce qui est rare. Il nous a invité chez lui, comme un juste retour des choses après avoir connu la même mésaventure il y a six ans, où nous l’avions soutenu. Cette solidarité entre MOF a permis à nos équipes de se remettre très vite en action, sur place, durant quinze jours, d’abord avec les pralinés. Pâques était en ligne de mire. Le résultat est là : des œufs-baleines, des poules déguisées en poulpes, la chouette de Dijon devenue poisson-perroquet (en photo ci-dessous), un escargot de Bourgogne en mode bernard-l’hermite… Nous avons développé le thème de l’océan, bien dans notre esprit d’artisan engagé. La gourmandise est fédératrice, c’est un excellent moyen de faire passer des messages. »

Solidarité
« Nous sommes en train de relever ce défi grâce aux énergies de tout le monde. Nos fournisseurs et clients ont été d’une générosité exceptionnelle. Certains ont grandi avec nous, on prend conscience qu’on fait partie de leur famille. On ne compte plus les clients qui venaient en boutique pour acheter un chocolat par solidarité, passer un message à nos équipes… Tout cela nous a touché au plus haut point et l’envie de revenir plus forts. »

Et demain ?
« Nous tablons sur une quinzaine de mois pour construire un nouvel outil de production. Une structure de 1200 m2, cela demande un peu d’ingénierie. L’ancien site sinistré sera totalement déconstruit. Nous allons en profiter, si l’on peut dire, pour repenser nos flux dans l’atelier. En 2022, nous aurons un outil de travail plus réfléchi, encore plus adapté à notre métier aujourd’hui. Dans les prochains mois, du fait de notre organisation provisoire, il sera l’heure de faire des choix. En tout cas, baisser les bras ne fait pas partie de l’équation. »

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