La nouvelle scénographie du MuséoParc Alésia est en place depuis le 3 juillet. Ou quand l’esprit saltimbanque s’empare du numérique pour raconter l’histoire sous l’expertise d’un comité scientifique. Une vraie réussite.

On peut être drôle, sérieux et vivant en même temps. La scénographie imaginée par l’agence Clémence Farrel pour le MuséoParc Alésia en fait la brillante démonstration. Son expertise cinématographique et son sens des mécanismes insolites donnent à l’exposition gallo-romaine une dimension jusque-là jamais atteinte par un établissement culturel en Bourgogne.

Stop aux fake news !

À cela trois raisons fondamentales : un trésor archéologique en attente du grand réveil, une architecture de bâtiment idéalement circulaire et un investissement à la hauteur de 1,4 million d’euros. Le MuséoParc a réussi le défi de connecter le sérieux de l’histoire et les fouilles avec le monde numérique. Le parcours épouse le cercle architectural du MuséoParc imaginé par le cabinet de Bernard Tschumi. À chaque pas, il livre un détail, une astuce ludique pour que le visiteur, emporté par le tourbillon des propositions, se sente de plus en plus intelligent. À Alise-Sainte-Reine, on tourne en rond, mais on s’amuse vraiment et on en apprend de belles sans s’en rendre compte. Autre fait remarquable, le label Tourisme & Handicap décroché en 2018 y a tout son sens. Le braille est à portée de doigt, à tout moment. Ici, pas d’audio-guide (c’est déjà presque d’un autre âge), mais un lutrin numérique qui prend virtuellement le visiteur par la main et l’accompagne dans le « couloir du temps ».

Au départ, une vidéo franchement bidonnante explose les idées reçues (on dit « fake news » aujourd’hui) sur les Gaulois. La déambulation se décline ensuite en huit espaces « contextualisés ». On peut ainsi aller et venir à son gré. Les textes sont courts (traduits en anglais et en allemand), les vitrines et objets extrêmement bien valorisés et on ne s’ennuie jamais. On finit même par comprendre, en quelques minutes, le temps d’un documentaire confortablement regardé depuis les gradins, pourquoi cette mythique bataille pourrait mettre une pâtée au plus ambitieux des péplums de la Metro Goldwyn Mayer.

Empereur d’un jour

Entre jeux-vidéos en 3D et vitrines en réalité augmentée, le cerveau ingère malgré lui les éléments tangibles de la grande histoire gallo-romaine. Il dialogue avec des silhouettes animées qui glissent sur les murs et se confient sur leur existence, leur artisanat, leur quotidien. Cette intimité avec nos ancêtres se renforce au fil du voyage. Elle place sous un jour nouveau, loin de la naphtaline des vieux musées ennuyeux, les magnifiques pièces archéologiques mises au jour par des fouilles patientes. Des pièces judicieusement sélectionnées par un comité scientifique de haute volée.

Les découvertes les plus récentes ont la part belle. Mais la richesse archéologique du site est telle que le MuséoParc a des années devant lui pour renouveler régulièrement ses expositions. Blague à part, même si on s’amuse beaucoup dans le couloir du temps, ce « nouvel éclairage sur l’histoire » est à lui seul une bataille gagnée au service de la pédagogie.

Pour les plus narcissiques d’entre nous, un photocall invite à se mettre en couverture du magazine de son choix, dans la peau d’un personnage de son choix. Avoir sa tête entourée d’une couronne de rameaux en « une » de Populus, ça vous change un homme banal en un César délicieusement tyrannique. Une expérience qui ne peut laisser personne indifférent. Empereur d’un jour, empereur toujours.

> Pour préparer votre visite : alesia.com

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