Jean-Marc Moron, régisseur enjoué

Il est depuis près de 30 ans le « monsieur qualité » du domaine des Hospices de Nuits. Un régisseur sachant gérer, gardien du pinot noir et garant de la sérénité de la vente de ce dimanche 11 mars. Jean-Marc Moron annonce la couleur de 2017 : une satisfaction.

Jean-Marc Moron, régisseur du domaine
des Hospices de Nuits.

Par Michel Giraud
Pour Dijon-Beaune Mag #69
Photo : Clément Bonvalot

Dans sa voix posée, on devine beaucoup de soulagement et une pointe d’impatience. On le comprend un peu, 2017 a été une année placée sous le signe de la sérénité en Côte de Nuits. « Une année qui remet du baume au cœur, résume Jean-Marc Moron, comme nous aimerions en vivre plus souvent ! » Ainsi, 143 fûts seront mis en vente, « ce qui constitue un total assez élevé ; on a pu enfin remplir la cave. Nous sommes, en quantité, 15 % au dessus de la moyenne », fait observer le régisseur, qui y voit une excellente occasion « d’équilibrer le bilan avec 2016, qui avait été une très petite année en terme de volumes. »

Millésime facile

Le domaine des Hospices de Nuits-Saint-Georges s’étend sur 12,5 hectares de vignes, dont 9,70 ha en appellation village et premier cru. Du coté de Nuits surtout, et un peu de Gevrey-Chambertin. La production est tournée à plus de 80 % vers le rouge, seules deux pièces de blancs seront soumises aux enchères. Jean-Marc Moron est passé maître dans l’art de magnifier ces particularités. Pas du genre à aimer la flatterie, il évoque plutôt fébrilement le printemps 2017, fin-avril début-mai, « où nous avons eu quinze jours de grosse incertitude sur le gel. Nous sommes passés très près. À partir de là, l’année s’est déroulée normalement, elle fut même facile à gérer. Et pour cause, de mai à septembre, nous avons vécu une période plus sèche, plus chaude et plus ensoleillée que la moyenne. Quand on a dit ça, on a tout dit ! Rester à récolter un raisin sain, sans maladie, sans pression, avec une très belle qualité de maturité. »  Quelques puristes avaient regretté en 2016 des vins à la tendance « sudiste » surprenante, très concentrés (« un peu comme les 2015 »). Le millésime 2017, c’est promis, ramène le pinot noir dans toute son expression bourguignonne : « 2017 c’est l’équilibre, constate encore Jean-Marc Moron, avec plus de fraîcheur aromatique, du fruit noir, de l’épice dans les vins. » Des breuvages très riches, plaisants, charmeurs, avec des tannins soyeux (« parce que la maturité est là »). La promesse d’un beau millésime.

« La hiérarchie est à sa place »

« Cette année, la vente des vins est programmée très tôt, cela signifie que les vins ne sont pas encore à leur potentiel de dégustation optimal, mais on va y arriver doucement. Nous recevons depuis quelques semaines nos acheteurs historiques, et les vins sont très bien accueillis. Les habitués sont très satisfaits, parce que les terroirs sont marqués, la hiérarchie est à sa place ». Ce rapport entre qualité et quantité avance la promesse d’une vente 2018 elle aussi à l’équilibre. Affaire à suivre, donc.

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