Le nouveau patron de la rédaction bourguignonne de France 3 a des origines bretonnes et s’est fait la main dans la Meuse avant de venir à Dijon. Entre Covid et révolution numérique, Jean-Philippe Tranvouez restera fidèle aux fondamentaux de sa vision du journalisme : des histoires vraies, bien racontées et des faits vérifiés.

Jean-Philippe Tranvouez est arrivé à Dijon avant les élections régionales de juin 2021. © D.R.

On lui a déjà donné un surnom : le Breton de la Meuse. Jean-Philippe Tranvouez aurait du mal à nier cette perception qu’on a de lui. D’abord parce qu’elle est dans son nom, qui fleure bon le chouchen et la crêpe. Ensuite parce qu’il fait régulièrement la navette entre Dijon et Bar-le-Duc, lieu de son dernier poste. Michel Barthen, le directeur de la station, qu’il a croisé dans son parcours, n’est pas étranger à ce choix de vie en Bourgogne. Le nouveau rédacteur en chef de France 3 Bourgogne a débarqué juste avant les élections régionales de cette année, avec un regard frais sur le métier et une véritable empathie. À la tête d’une quarantaine de journalistes et de cinq adjoints, il a imposé sans trop de difficulté son style sympathique mais décidé.

D’autant mieux que la période confine, si le terme est permis, à la remise en question. « Le covid a révélé une véritable appétence pour la proximité, cela a conditionné notre façon de concevoir et de dialoguer avec les gens », confirme Jean-Philippe, qui conçoit le devoir d’informer comme un devoir de rassurer : « On a un pic de questions à chaque annonce gouvernementale. Certes, on enfonce parfois des portes ouvertes, mais rien de grave car on doit avant tout proposer des réponses précises, montrer que nous sommes fiables. »

Des méthodes plus vraies

Le quadra a toujours rêvé de faire ce métier. Photographe freelance à ses débuts, il est venu à la télé sans jamais se défaire de l’écriture et de la création. Si seulement (Ed. Le Lys Bleu), un roman publié en 2021, en atteste. Tout comme ce film courageusement autofinancé, Préjugés coupables (2016), qui raconte l’histoire d’un garçon homosexuel accusé de meurtre, confronté à l’homophobie entre les murs d’un commissariat. Un sujet que connaît intimement l’homme : dans sa vie, il y a Luka, son fils de 9 ans, et Ludovic, son mari.

Très attaché aux « territoires oubliés », journaliste de terrain dans l’âme, Jean-Philippe Tranvouez navigue entre deux défis : livrer au grand public les clés de plus en plus complexes de ces territoires, tout en composant avec un monde numérique qui casse bien des règles. Un fait est certain, « la télé à l’ancienne, très technique et impressionnante pour le quidam, cède le pas à des méthodes moins intrusives, donc plus vraies ». Dans un monde de communication débordante et débridée, où tout le monde ou presque croit faire du journalisme, le retour aux fondamentaux de l’information est ce qui importe vraiment. « Le plus important c’est l’histoire qu’on raconte et les faits », résume le rédac chef de France 3 Bourgogne. On le suit volontiers sur ce point.

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