La Chocolaterie de Bourgogne renaît à Saint-Apollinaire

Quatre ans après avoir repris la Chocolaterie de Bourgogne, René Loquet a posé la première pierre de son futur site de production, au cœur de l’Ecoparc Dijon Bourgogne à Saint-Apollinaire, en présence d’élus. La production devrait démarrer en mai 2027.

De gauche à droite : Jérôme Durain (président de la Région BFC), René Loquet (dirigeant de la Chocolaterie de Bourgogne), François Rebsamen (président de Dijon métropole) et Frédéric Goulier (maire de Saint-Apollinaire). ©Arnaud Morel/DBM

C’est une page qui se tourne, et une nouvelle qui s’écrit, à Saint-Apollinaire. Après la fermeture de l’ancienne usine en 2021, René Loquet, ancien directeur de la société Cacao de Bourgogne, a décidé de redonner vie à la célèbre Chocolaterie de Bourgogne, symbole gourmand de la région.

Quatre ans après la liquidation, il a posé ce jeudi 24 septembre la première pierre d’un nouvel outil de production ultra-moderne, au cœur de l’Écoparc Dijon Bourgogne. Un projet ambitieux, salué par Jérôme Durain, président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, François Rebsamen, président de Dijon Métropole, et Frédéric Goulier, maire de la commune, venus célébrer cette « renaissance ».

La production démarrera en mai 2027

Avec un budget de 3,3 millions d’euros (2 millions pour le bâtiment, 1 million pour les chaînes de production et 500 000 euros pour ses deux boutiques dijonnaises), la chocolaterie se dote d’un site modulable et évolutif. La première phase comporte un bâtiment de 1 200 m², livré dès décembre 2026, avec un démarrage de la production prévu pour mai 2027. À terme, le site pourrait s’étendre jusqu’à 3 000 m², selon la croissance de l’activité. « On grandit raisonnablement, étape par étape », explique René Loquet. « Notre objectif est de reprendre le contrôle de notre fabrication, tout en restant agiles face aux défis du marché. »

Pourtant, tout a failli s’arrêter en 2021, après des décennies de changements de propriétaires (Lanvin, Rowntree Mackintosh Confectionery, Nestlé, Barry Callebaut, Philippe de Jarcy et Lacasa) et la fermeture du site historique de 60 000 m². Mais René Loquet, attaché à cette marque emblématique, a choisi de repartir de presque zéro. Avec seulement quatre salariés, puis deux boutiques à Dijon (rue Piron et rue de Cracovie), il a reconstruit l’entreprise, pas à pas.

Résultat ? Un chiffre d’affaires en hausse de 50% en deux ans, atteignant 2,4 millions d’euros en 2024. Aujourd’hui, la chocolaterie mise sur ses produits phares – les escargots pralinés, les bonbons et les papillotes – et sur l’attachement des Dijonnais à leur marque. « Les files d’attente devant nos boutiques lors de leur ouverture ont montré à quel point les habitants étaient fidèles », se souvient-il.

La première phase, un bâtiment de 1 200 m2, sera livré en décembre 2026. ©Arnaud Morel/DBM

Bientôt un réseau de franchises ?

Le secteur du chocolat traverse une période turbulente : le prix du cacao a explosé (+600% en quelques mois après la reprise !), celui des fruits secs, notamment les amandes en provenance des États-Unis, flambe, et l’énergie coûte de plus en plus cher. « Le cacao est une matière première très volatile », souligne René Loquet.

Lui et ses équipes ont beaucoup travaillé sur le réseau de distribution en grandes et moyennes surfaces (Carrefour, Intermarché, Leclerc, Système U), et envisagent même un réseau de franchises. L’entreprise développe également le marché des comités d’entreprise, et les collectivités locales.

D’ici 6 à 7 ans, l’usine pourrait atteindre sa taille maximale. Une dizaine de recrutements sont prévus dès 2027, portant les effectifs à 25 salariés, avec un objectif de 50 employés à terme. « Notre site est dimensionné pour un chiffre d’affaires de 16 millions d’euros », assure le dirigeant.