La Saint-Vincent à Saint-Aubin: nos meilleurs blancs

© Clement Bonvalot

© Clement Bonvalot

La proximité immédiate avec Puligny et Chassagne-Montrachet, couplée à l’explosion de la demande mondiale en blanc, a donné des ailes au chardonnay, qui occupe désormais les deux tiers du vignoble de Saint-Aubin. Des vins plus ou moins minéraux ou opulents, mais toujours emblématiques de la grande « Côte des Blancs ». Suite de notre dégustation côté blanc, avec Jacky Rigaux et Bourgogne Magazine.

Le vignoble de Saint-Aubin appartient à la fameuse « Côte des blancs ». Mais si Meursault et Puligny-Montrachet sont voués exclusivement au chardonnay, Saint-Aubin, comme Chassagne-Montrachet, accueillent pinot et chardonnay, selon les caractéristiques géo-pédologiques et climatiques de leur terroir. Avec la forte hausse de la demande internationale de vins blancs de Bourgogne, le cépage chardonnay a eu tendance à conquérir des climats jadis voués au pinot. Heureusement, à Saint-Aubin, cette tentation n’a pas été trop forte, et le cépage chardonnay colonise essentiellement les grands climats qui le méritent !

Comme ailleurs dans la Côte, le vigneron a le choix entre la cuvée ronde, jadis appelée cuvée de finage, rassemblant plusieurs lieux-dits, et la cuvée de « climat ». Comme la diversité d’expression est reine ici, nombre de vignerons ont opté pour les vins de « climats » dès l’appellation Village

Appellation Village 

Saint-aubin Les Argillers, 2012, domaine Gilles Bouton

Très pentu, autour de 20 %, à une altitude de 320 mètres, ce climat repose sur une roche mère calcaire avec des sols argilo-calcaires de terres blanches en haut, terres qui deviennent plus grasses et argileuses en bas de coteau, d’où son nom. Exposé plein sud, il mûrit admirablement ses grumes et enfante un vin solaire à l’attaque souple et généreuse, qui se prolonge par une finale délicate sur des notes de fleurs blanches.

 

Saint-aubin Champ Tirant, 2012, domaine Gérard Thomas

Prolongement naturel des Argillers , langoureusement installé à mi-coteau face au sud, sur un faciès calcaire de terres blanches caillouteuses, il génère un vin délicat, finement ciselé, avec une attaque franche, vive, très florale. Belle ampleur dès la mi-bouche, belle minéralité en finale avec une persistance aromatique très florale.

Appellation Premier cru 

© Clement Bonvalot

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Saint-aubin 1er cru, Les Perrières, 2012, domaine Patrick Miolane

Comme évoqué par le nom, ce climat se love dans un espace au sous-sol rocailleux, avec une roche mère qui affleure presque dans certains endroits ! Le vin est naturellement tendu, longiligne, avec une vivacité alerte qui fait vibrer une très belle texture soyeuse. Se dégagent alors une exquise sensation de fruits mûrs, une touche de pêche blanche des plus subtiles, et une minéralité éclatante.

Saint-aubin 1er cru, Les Frionnes, 2012, domaine Hubert Lamy

Exposé au sud est, amorçant un virage vers l’est et les rayons de soleil caressants du matin, avec de belles argiles, on entre dans des conditions idéales pour enfanter des vins à la consistance royale, rivalisant sans complexes avec tous les seigneurs blancs de la Côte ! L’attaque est généreuse et élégante dans le même mouvement pour laisser place à une consistance de rêve, une texture délicate et une finale saline, génératrice d’une très plaisante salivation. On en redemande !

Saint-aubin 1er cru, Les Combes, 2012, domaine Gérard Thomas

Tournée vers l’est cette étroite bande de terre qui court tout au long du coteau enfante des vins possédant toujours beaucoup de matière associée à une élégante viscosité qui transcende une texture veloutée. En fin de bouche, le vin imprime une touche épicée de poivre blanc, signe d’une très élégante minéralité. Une parenté avec les très grands vins de Chassagne, avec la singularité du lieu affirmée cependant !

Saint-aubin 1er cru, Sous Roche Dumay, 2012, domaine Gérard Thomas et Filles

Bénéficiant du soleil levant, sur des terres argilo-calcaires bien drainantes, ce climat est une synthèse harmonieuse de toutes les qualité gustatives de l’appellation ! La robe est brillante et limpide, le nez d’une grande complexité associant les évocations florales, fruitées et épicées, la bouche gourmande, conjuguant exquise viscosité, belle consistance, vivacité alerte, texture soyeuse, persistance aromatique caressante… Un grand vin de gastronomie.

Saint-aubin 1er cru, Les Champlots, 2011, domaine Jean-Claude Bachelet

On vire avec ce climat vers l’ouest, source de nuances différentes dans les arômes et le toucher de bouche. On le vendange toujours en dernier pour en extraire une maturité idéale. Alors on a une très belle attaque, précise, franche, une très belle consistance, une jolie viscosité, une vivacité éclatante qui fait vibrer la texture. Vin très digeste, vin de haute gastronomie ! Plaisir immédiat, mais espérance de vie garantie.

Saint-aubin 1er cru, La Chatenière, 2011, domaine Henri Prudhon

Très pentu, comme Les Argillers, ce climat se déploie harmonieusement sur des sols plus caillouteux, avec une roche mère très proche, affleurant parfois. La robe est profonde, limpide et brillante, le nez très droit, floral, fruité, épicé… L’attaque est royale, la consistance d’une légère flexibilité, la texture d’une rare élégance, et la finale d’une éclatante minéralité. C’est un vin qui fait superbement saliver. Grande digestibilité, grande sapidité ! Confirmation avec le millésime 2012, avec un peu plus de vivacité, compagnon idéal d’un poisson cuisiné avec de l’ananas par exemple !

Saint-aubin 1er cru, Clos de la Chatenière, 2011, domaine Hubert Lamy

Très proche de La Chatenière au sein de laquelle il se niche, il ajoute encore de la force au vin, un vin d’énergie à l’équilibre serein, de grande texture, avec une belle persistance aromatique rehaussée par une délicate touche de poivre blanc. Un vin emblématique de l’appellation !

Saint-aubin 1er cru, Le Charmois, 2011, domaine Jean-Claude Bachelet

Ces terres, avec très peu de dispositions végétales pour d’autres cultures, font le bonheur de la vigne qui enfante ici un vin associant une dimension solaire à une superbe minéralité. Flatteur et riche dans le même mouvement, voila un vin qui mêle harmonieusement la vigueur et la générosité ! Grande garde assurée;

Saint-Aubin 1er cru, Les Cortons, 2011, domaine Roux Père et Fils

Entre Chatenières et Remilly, deux des plus célèbres climats de l’appellation, Les Cortons en font une belle synthèse associant une grande et belle opulence à une texture satinée, tout en gardant une belle minéralité si on sait couper les raisins avant qu’ils ne surmûrissent !

Saint-Aubin 1er cru, En Rumilly, 2011, domaine Jean-Claude Bachelet

Ce climat proche du Montrachet a contribué à la gloire de Saint-Aubin ! Peu de terres végétales, une roche mère de même facture que l’illustre voisin : tout est là pour générer une attaque magistrale, souple et tonique dans le même mouvement, ouvrant sur une grande ampleur, une jolie texture soyeuse, une finale saline et digeste… Grande sapidité, grand équilibre en bouche…

Saint-Aubin 1er cru, Meurgers des Dents de Chien, 2011, domaine Jean-Charles Fornerot

Climat très pierreux, de même facture qu’en Remilly, le vin qui en est très proche, avec peut-être un peu plus de vivacité.

Saint-Aubin 1er cru, Meurgers des Dents de Chien, 2011, domaine Larue

Comme En Remilly, on a une magistrale attaque, une grande consistance, avec une texture un peu plus serrée, tramée dans une sensation de taffetas. La longueur est remarquable, et la réto-olfaction rivalise sans complexe avec tous les grands seigneurs de la « Côte des Blancs ».

Saint-aubin1er Cru, Sur le Sentier du Clou, 2010, domaine Patrick Miolane

En haut de coteau, sur un endroit bien ventilé, le vin qui en naît est toujours délicat, flatteur, pour un plaisir immédiat, même si le vin tient bien le vieillissement. Un vrai régal avec ce grand millésime d’équilibre qu’est 2010 !

 

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© Clement Bonvalot

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