Le chef de l’Espérance, qui a fait briller le village de Saint-Père-sous-Vézelay (Yonne) au firmament de la cuisine mondiale, s’est éteint à Auxerre, à l’âge de 77 ans.

Marc Meneau en 2019, devant la colline de Vézelay, son inspiration éternelle. Cet enfant du village voisin de Saint-Père, où son père était bourrelier et sa mère tenait le bistrot-restaurant-épicerie, est toujours resté fidèle à l’Yonne. © Michel Joly

« À l’ombre de la basilique, comment faire autrement qu’une cuisine romane, pure, épurée, fondée sur l’essence des produits, une cuisine de verticalité, dans ses dimensions, son architecture, sa symbolique ? Mon travail se colle à l’histoire du village qui a rayonné sur l’Europe. » Ainsi parlait Marc Meneau, dans les colonnes de Bourgogne Magazine.

L’un des plus éminents représentants de la gastronomie française et bourguignonne a tiré sa révérence. Âgé de 77 ans, il s’est éteint à Auxerre, ce mercredi 9 décembre au matin, a révélé le journaliste Pierre-Jules Gaye. Malade, Marc Meneau « est resté conscient jusqu’au bout », raconte André Villiers, député de l’Yonne et proche du chef. « Je rêve d’un saucisson brioché », avait-il confié, hier, lui qui était désormais nourri par perfusion.

Au nom de Saint-Père

Né en 1943 à Saint-Père, alors Saint-Père-sous-Vezelay, Marc Meneau n’a presque jamais quitté son Yonne natale, sinon pour suivre un cursus hôtelier à Strasbourg. Il reprend le café-épicerie de Marguerite, sa mère, où il obtient sa première étoile, en 1972. Il change alors d’adresse et ouvre l’Espérance, toujours à Saint-Père, où il obtient sa deuxième (1975), puis sa troisième étoile (1983). La période la plus faste s’ouvre alors pour le chef, considéré comme l’un des plus grands cuisiniers français. En 1999, il perd sa troisième étoile qu’il regagne cinq ans plus tard. Les premiers revers économiques surviennent, alors que le chef ouvre l’EntreVignes, un bistrot de vignerons en face de L’Espérance. Marc Meneau affrontera deux liquidations judiciaires, la seconde aboutissant à la reprise, en 2016, de l’Espérace par le groupe Hôtel & Food Disrpt Partners, fondé par Alain Ducasse et Guillaume Multrier.

Marc Meneau pratiquait une cuisine inventive mais solidement ancrée dans le terroir. Il a développé un potager bio, sur les terres de l’Espérance, où il récoltait légumes et fleurs qui agrémentaient ses plats. C’était un grand défenseur de la gastronomie française, qui n’hésitait pas à moquer certains non-sens administratifs, comme l’interdiction de servir des viandes longuement mâturées. Un personnage entier que l’on regrettera. À ses proches, Bourgogne Magazine et DijonBeaune.fr adressent leurs condoléances.

One thought on “Marc Meneau, chef éternel de Saint-Père-sous-Vézelay, n’est plus”

  1. Adieu vieux frère… Je garderai de toi de grands souvenir, et notamment l’extraordinaire déjeuner à l’Espérance avec Patrick Baudry quand tu te lançais dans la cuisine de l’espace ou le séjour à Séville, en 1995, avec Monsieur Paul, Joël Robuchon et Bernard Loiseau. Comme eux, tu vas me manquer.

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