MuséoParc d’Alésia : leçons d’histoire en 3D

Alors que François Sauvadet vient d’y réunir les principaux pour réaffirmer le soutien du Département aux collèges du territoire, le MuséoParc propose de sortir des manuels scolaires pour se confronter à la réalité du terrain archéologique et à la pédagogie interactive du centre d’interprétation.

Par Geoffroy Morhain
Photos : Jean-Luc Petit, sauf mention contraire

Le MuséoParc Alésia est construit au pied du village d’Alise-Sainte-Reine sur deux sites distincts distants de 2 km, proche du site archéologique d’Alésia et de la statue de Vercingétorix d’Aimé Millet, sur le thème du siège d’Alésia.À proximité de fortifications romaines reconstituées, le centre d’interprétation de la bataille est installé dans un bâtiment cylindrique de 52 m de diamètre, entièrement vitré, conçu par l’architecte Bernard Tschumi.

Plus qu’un site touristique majeur placé dans le trio de tête des plus visités en Côte-d’Or (73 000 personnes en 2016, dont 80 % de non-Côte-d’Oriens), le MuséoParc Alésia, inauguré en grande pompe par le Conseil départemental en 2012, est également un outil pédagogique grandeur nature mis à la disposition des enseignants et de leurs élèves.

À la fois scientifique et vulgarisateur, l’archéologue Jonhattan Vidal, auteur d’une thèse sur la dynamique d’occupation du site d’Alésia, connait bien la question, lui qui fut aussi guide sur le site pour les familles et les scolaires en parallèle de ses études : « Entre les vestiges du siège, le centre d’interprétation et les fouilles de la ville gallo-romaine, l’ensemble du site offre de nombreuses pistes de découverte et d’apprentissage : ici sont exposés l’histoire romaine et l’arrivée au pouvoir de César, aussi bien que l’identité gauloise et la civilisation celtique, la réalité d’une bataille historique vue à travers des objets archéologiques et des reconstitutions scientifiques, mais aussi le métier d’archéologue ou la construction d’un récit national autour de l’image de Vercingétorix à partir du XIXe siècle. »

Un site d’intérêt national et de proximité

Une richesse pédagogique bien identifiée par l’Éducation nationale, qui compte bien en faire profiter un maximum d’élèves de l’académie : « Ce site d’intérêt national est aussi un site de patrimoine que le public scolaire de proximité doit pouvoir s’approprier. D’autant que le MuséoParc et son centre d’interprétation sont des outils récents, attractifs et interactifs, susceptibles de plaire aux jeunes », estime Éric Gady, délégué académique à l’éducation artistique et culturelle au rectorat de Dijon. Pour faciliter la chose, un enseignant de collège a été mis à disposition quelques heures par semaine par l’Académie pour faire l’interface entre le MuséoParc et les établissements, former des médiateurs, développer l’offre pédagogique, monter des actions avec les enseignants. Il en

Une richesse pédagogique bien identifiée par l’Éducation nationale, qui compte bien en faire profiter un maximum d’élèves de l’académie : « Ce site d’intérêt national est aussi un site de patrimoine que le public scolaire de proximité doit pouvoir s’approprier. D’autant que le MuséoParc et son centre d’interprétation sont des outils récents, attractifs et interactifs, susceptibles de plaire aux jeunes », estime Éric Gady, délégué académique à l’éducation artistique et culturelle au rectorat de Dijon. Pour faciliter la chose, un enseignant de collège a été mis à disposition quelques heures par semaine par l’Académie pour faire l’interface entre le MuséoParc et les établissements, former des médiateurs, développer l’offre pédagogique, monter des actions avec les enseignants. Il en résulte de nombreux projets concrets développés en direct avec certaines classes, qu’il s’agisse de travaux en lien avec une exposition temporaire dans le cadre du dispositif « Patrimoines de Bourgogne » de la Drac, d’une opération « La classe, l’œuvre » adossée à la Nuit européenne des musées, ou encore d’un parcours Starter mis en place par le Conseil départemental de Côte-d’Or pour faire entrer l’art et la culture au collège.

Reconstitution du siège d’Alésia (bataille décisive de la guerre des Gaules où s’affrontent en 52 av. JC plus de 50 000 soldats de l’armée romaine de Jules César et 80  000 assiégés de la coalition gauloise de Vercingétorix – bientôt rejoints par 250 000 renforts de la coalition) dans le film Alésia, le rêve d’un roi nu projeté au centre d’interprétation du MuséoParc. © Agat Films

Ouvrir le site sur les collèges

Point de liaison entre les 47 collèges publics qu’il gère et le MuséoParc qu’il a majoritairement financé, le Département de la Côte-d’Or se sent investi d’une mission particulière afin de multiplier les passerelles entre le site d’Alésia et les classes du secondaire. Un souhait clairement exprimé par le président François Sauvadet lors de ses derniers vœux aux principaux des établissements concernés, s’engageant à ce que « chaque collégien du département vienne au moins une fois au MuséoParc durant sa scolarité ». Une volonté confirmée par la présidente de la commission Éducation, Tourisme, Sports et Culture du Conseil départemental, Catherine Louis : « L’ouverture du MuséoParc sur la vie scolaire est primordiale, d’autant que tous les élèves n’ont pas forcément le même accès au patrimoine et à la culture. Pour le Département de la Côte-d’Or, cela se traduit par une amélioration constante des services proposés en lien étroit avec les équipes du MuséoParc, en matière d’offre pédagogique mais aussi de politique tarifaire, de restauration sur place ou encore de nouvelles technologies numériques. »

Et de repenser la circulation sur l’ensemble du site afin que les visiteurs passent plus facilement du centre d’interprétation (3 h de visite en moyenne) à la statue de Vercingétorix ou à la ville gallo-romaine (45 min de visite en moyenne) qui s’étend sur une grande partie du plateau dominant le village d’Alise-Sainte-Reine. En attendant l’arrivée, toujours en projet, du second bâtiment qui abritera le musée archéologique de cette ville gallo-romaine d’Alésia, et donnera au site une dimension plus complète : « Au-delà de la bataille d’Alésia, sur laquelle se focalise le centre d’interprétation, ce musée permettra de redonner de la visibilité à la ville antique qui, après le siège et pendant deux siècles et demi, a prospéré sur une grande partie des 97 hectares du plateau où s’étaient réfugiés les assiégés », conclut l’archéologue Jonhattan Vidal. Encore de belles leçons d’histoire en perspective…             

La statue de Vercingétorix du sculpteur Aimé Millet, érigée sur le plateau d’Alésia en 1865 sous Napoléon III. Outre le siège de 52 av. J.-C., le MuséoParc traite de l’instrumentalisation d’Alésia et de Vercingétorix, ainsi que de la création et la déconstruction du mythe identitaire qu’ils ont nourri.

Coqs en stock

Pourquoi les Gaulois sont-ils associés au coq, symbole de la France ? À cause des Romains ! Ils utilisent en effet le mot gallus pour désigner à la fois le coq et le Gaulois. C’est seulement à partir de la Renaissance que les rois de France s’approprient le coq, qui connaîtra bien des hauts et des bas avant de s’imposer pendant la IIIe République. Aujourd’hui, il figure partout, du maillot des joueurs de foot au bureau du président de la République, et symbolise le « made in France ». Du samedi 28 avril au vendredi 30 novembre 2018, l’exposition temporaire du MuséoParc Alésia (Alise-Sainte-Reine, 21) retrace l’histoire de cet emblème non officiel de la France de l’époque gauloise à aujourd’hui. Le directeur Michel Rouger et son équipe ont concocté un programme d’animations spécialement conçues pour les scolaires et les enfants. Des activités ludiques, autour des animaux notamment, qui permettent de tordre le cou aux idées reçues. En parallèle, le musée Buffon (Montbard) proposera une exposition complémentaire sur le coq vu sous l’angle de l’histoire naturelle : 2 musées, 2 expos pour tout savoir sur cet animal et emblème.


Plus d’infos sur www.alesia.com

© Sonia Blanc

Visites scolaires : Un Gaulois dans ma classe

Le MuséoParc Alésia propose aux scolaires quatre formules (visite, démonstration, atelier et journée-découverte) pour passer une demi-journée ou une journée sur site. Toutes ces activités, menées par des médiateurs culturels, sont adaptées aux connaissances des élèves et intègrent les objectifs pédagogiques de chaque niveau. Elles sont complémentaires de l’enseignement scolaire et contribuent à aiguiser la curiosité des élèves pour l’histoire, l’archéologie et le patrimoine. Pour les collégiens, une journée découverte (4 h 30) prévoit notamment une visite guidée du centre d’interprétation, une présentation du camp romain et des panoplies militaires, ainsi que la projection du film Alésia, le rêve d’un roi nu.

Laisser un commentaire