Arthur Deballon, repreneur « food-addict » d’Image & Associés

En reprenant le studio photo dijonnais Image & Associés, Arthur Deballon poursuit une stratégie de croissance par intégration de savoir-faire. Dans un marché de la communication sous tension, l’entrepreneur renforce son modèle artisanal et vertical.

De gauche à droite : Béatrice Quenot (cofondatrice), Charlène Desclerc (directrice générale) et Arthur Deballon (nouveau gérant). ©Image & Associés

Un pas de côté, mais dans une logique parfaitement assumée. Avec le rachat d’Image & Associés, studio photographique dijonnais reconnu pour son expertise dans l’univers de la food et du vin, Arthur Deballon ajoute un nouvel ingrédient à un plat qui mijote à son rythme.

À la tête d’AVS (signalétique) et d’Axo Agencement (stands), l’entrepreneur dijonnais revendique en effet une croissance progressive fondée sur l’intégration des compétences. « On rajoute le cran photo. C’est aussi beaucoup d’artisanat, comme la signalétique », résume-t-il. L’opération permet aussi de mettre un pied dans un univers qui le passionne. « Il se passe tant de chose autour d’un bon plat et, très prosaïquement, j’adore manger  , sourit ce nouvel habitué – pour la cause – des « repas test » in situ.

Nouvelle direction, même cap

Créé il y a vingt ans par Béatrice Quenot et Philippe Hiest, Image & Associés s’est imposée comme une référence régionale, travaillant pour des marques locales et nationales. La cession s’est faite en douceur, avec un tuilage de trois mois suite au départ à la retraite de la cofondatrice. « Il y a toujours une part de risque dans une reprise : il faut que les clients suivent », reconnaît Arthur Deballon. L’enjeu de l’année est clair, maintenir le chiffre d’affaires, autour de 400 000 euros, avec une nouvelle direction.

À la tête du studio, Charlène Desclerc incarne ce passage de relais. Directrice artistique et graphiste de formation, elle a choisi de quitter l’indépendance après treize ans pour rejoindre cette aventure collective. « Image & Associés, je trouvais l’entreprise incroyable, autant pour la qualité de la production que pour les équipes et les locaux », s’enthousiasme la responsable d’un studio de quatre collaborateurs – deux photographes, un chef chargé de cuisiner les produits et de réaliser des réels pour les réseaux sociaux, et la direction. « Un client arrive avec un produit, on le cuisine, on le sublime, on raconte son histoire. »

De gauche à droite : Matthieu Chèneby (photographe), Arthur Deballon (gérant), Charlène Desclerc (directrice générale), le cuisinier Jean-Louis Chaillou et Philippe Hiest (photographe et cofondateur d’Image & Associés). ©Image & Associés

Qualité plutôt que volume

Dans un marché de l’image fragilisé par la démocratisation des outils et l’essor de l’IA, le positionnement est assumé : la qualité plutôt que le volume. L’ADN d’une entreprise ne s’évapore pas en un coup de cuisson vapeur : « Nos clients ne cherchent pas une image rapide ou standardisée. Ils veulent une vraie stratégie visuelle », insiste Charlène. Environ une centaine de partenaires sont accompagnés, certains en forfait récurrent, autour d’une cible privilégiée : food, vin, arts de la table, électroménager, producteurs et AOP.

Pour Arthur Deballon, cette acquisition s’inscrit dans une vision économique plus large. En quinze ans, AVS est passée de 8 à 28 salariés, avec un chiffre d’affaires de 3,8 millions d’euros attendu en 2025. Axo Agencement atteint 1,2 million d’euros. L’ensemble dépasse désormais 5,4 millions d’euros de volume d’affaires. « On peut parler de groupe, mais ce n’en est pas un. Ce sont trois entités distinctes, avec leur identité, leur clientèle, leur fonctionnement. Le lien, c’est moi », tranche-t-il.

Vision d’avenir

Pas question, pour autant, de devenir une agence de communication intégrée. « Les agences de communication sont mes clients, nous n’en seront jamais une. Je veux rester un prestataire au service des agences, sur l’ensemble de nos métiers », assure-t-il. La stratégie repose sur le cross-selling et la complémentarité des expertises, dans un secteur en recomposition. « Le marché de la communication est difficile, les coûts augmentent plus vite que le chiffre d’affaires. Il y aura de la redistribution. »

Cette logique de structuration passe aussi par l’arrivée de Charlène Desclerc, qui s’inscrit dans une volonté de rendre chaque entité moins dépendante de son dirigeant. « La transmission est un vrai sujet. Je ne me vois pas faire cela trente ans encore », confie Arthur Deballon. Plus qu’un simple rachat, Image & Associés apparaît donc comme un nouveau terrain d’expérimentation pour l’entrepreneur « food-addict ». Gourmand juste ce qu’il faut, en l’occurence.