Grand personnage de la Bourgogne viticole, figure du négoce beaunois, Louis-Fabrice Latour s’est éteint à 58 ans au cœur des vendanges, dans la nuit du 5 septembre. Une longue maladie a eu raison de cet homme de convictions unanimement apprécié.

Président de Louis Latour depuis 1999, engagé de longue date au service de la Bourgogne viticole, Louis-Fabrice Latour laisse un grand vide. © Jean-Luc Petit

Sa disparition a déjà fait le tour de tous les rangs de vigne. Alors que la Bourgogne reconnaissante coupe les dernières grappes d’un millésime généreux, elle a appris avec stupeur la perte de l’un de ses plus fidèles enfants. 

Figure du négoce français, millésime 64, Louis-Fabrice Latour dirigeait depuis 1999 la maison Louis Latour, en digne représentant de la onzième génération, dans le sillage de son père Louis disparu en 2016

S’il vouait un culte au pinot noir et au chardonnay, sa vision des choses dépassait largement son propre périmètre. Il était un fin connaisseur des vignobles de France et du monde. Lui-même avait conscience d’appartenir à une puissante dynastie beaunoise prenant sa source au 18e siècle. Son attitude disait autre chose : affable, bon client pour la presse car sincère dans son approche, « LFL » adoptait en toute circonstance un style ouvert, souvent ponctué d’humour. « Nous ne devons jamais tomber dans l’arrogance », répétait-il à l’envi.

Un président très engagé

Louis-Fabrice Latour aura marqué la vie de l’interprofession à travers ses différents engagements à la tête de la Fédération des Négociants-Eleveurs de Bourgogne (FNEB), de la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux et du BIVB comme représentant du négoce.

Ces dernières années, par la force des choses, il s’était éloigné des hautes instances, ne cachant pas à son entourage que derrière ce cheveu ras, cette barbe nourrie et ces traits émaciés, il y avait autre chose qu’une simple coquetterie. Mais il gardait toujours un œil attentif sur les gros dossiers. Fidèle à ses valeurs de jeune scout et à son village d’Aloxe-Corton, Louis-Fabrice Latour allait volontiers au front pour protéger des projets douteux la colline de Corton, sa colline éternelle. En mai dernier, on l’a vu inaugurer tout sourire, le verre à la main et bien entouré, la reconstruction de l’emblématique croix de Charlemagne qu’il avait promis de financer. Ce fut sa dernière apparition publique.

Ce mari et papa de quatre enfants laisse les siens et toute la Bourgogne en deuil. La croix de Charlemagne veille désormais sur lui.

Laisser un commentaire