Foire de Dijon: Léo, trois hectares au Chili

Léo exploite trois petits hectares de vignes au Chili, invité d’honneur de la Foire de Dijon. Confronté à la Bourgogne, il profite de l’événement pour parfaire son éducation viticole.

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La discussion  débute autour d’un verre de grand Itata Rouge 2014 de sa vinification. Cépage cinsault sur un terroir granitique. Léonardo Erazo, « Léo » pour tout le monde dans les allées de la Foire de Dijon, est un jeune vigneron installé au sud du Chili.

Il a grandi dans les rues de l’immense Santiago, la capitale aux six millions d’habitants. C’est après ses études en agronomie qu’il découvre le passé vigneron de sa famille paternelle. Et décide de faire son retour à la terre.

Léo appartient à cette génération de viticulteurs locaux qui font le pari de vivre leur engagement les deux pieds dans le terroir: « Pendant longtemps, la production viticole chilienne a reposé sur de véritables industriels de la vigne. Des domaines de milliers d’hectares qui dominaient le marché, qui variaient très peu les cépages. Il y a maintenant dans mon pays une génération de viticulteurs passionnés qui veulent revenir au terroir et réintroduisent des cépages anciens. Le vin au Chili remonte au XVIème siècle. Aujourd’hui, le cabernet sauvignon, le sauvignon, le chardonnay dominent, mais nous avons le potentiel pour explorer bien d’autres cépages. Il en existe une cinquantaine au pays, alors il faut oser! Il faut comprendre que le Chili est très long, les changements de latitude offrent une diversité géographique exceptionnelle. C’est de là que la panoplie de nos vins tient toute sa richesse. »

Le Chili était en 2013 le 7ème producteur mondial en volumes, le 5ème pays exportateur de vin: « Les Chiliens sont peu consommateurs de vin poursuit Léo. Environ 15 à 17 litres par personne et par an en moyenne. Aussi, nous devons trouver des marchés à l’export. » C’est pour ça que lui et ses amis voyagent. Pour venir à Dijon, Léonardo a pris des congés, le prix à payer pour rencontrer, pour échanger, pour grandir aussi.

Et la Bourgogne? « Dans le sud du Chili, où j’habite, il y a un ou deux importateurs qui amènent quelques petites choses, mais çà reste faible. Votre région me fascine par son organisation, ses parcelles, ses climats comme vous dites, la classification aussi. Ici, la notion de terroir prend tout son sens, et c’est pour nous un exemple à suivre. » La foire finie, Leo regagnera illico le Chili. Son domaine de 3 hectares l’attend. Aujourd’hui, il ne lui permet pas encore de vivre sa production. Alors il collabore en même temps avec une exploitation en Argentine. Mais promis dans quelques années, il pourra se lâcher des deux mains!

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