Alexandre, bien que très grand, est le petit dernier de la fratrie des Landre. Mais pas le moins ambitieux. Installé à Beaune, Semur-en-Auxois, Nancy et depuis peu Paris, le commissaire-priseur et sa famille font monter les enchères de la profession. Chronique d’un parcours décomplexé qui pourrait bien dépoussiérer le marteau. 

Il a l’appétit vorace d’un Depardieu et le verbe haut d’un Montebourg. Ce mélange détonnant fait déjà d’Alexandre Landre une personnalité remarquable et remarquée sur le terrain beaunois. Du haut de ses 32 ans, en peu de temps, il a posé les bases d’une étude ambitieuse, qui veut faire entrer dans la modernité les pratiques de la profession de commissaire-priseur.

Principe même de l’atavisme, c’est du côté de son grand-père maternel, coutelier d’origine auvergnate exerçant au Creusot, qu’il faut chercher l’amour des belles choses. Florence, sa maman, tout comme son père Patrick, évoluaient dans le domaine culturel. Le choix d’affronter les difficultés du concours de commissaire-priseur est donc tout à fait personnel : « Je savais que ce serait un parcours semé d’embûches, mais j’ai beaucoup appris ensuite de ma première expérience, chez Artcurial à Paris. » 

Exigeante avec les siens, la grande maison du rond-point des Champs-Elysées est en effet l’une des meilleures formatrices de son secteur. Mais Alexandre le grand, petit dernier de la fratrie des Landre (Charles est du millésime 1988, François 1989 et lui 1990), en pince pour la vie provinciale. Beaune lui parle vraiment. Chantonne alors en lui la petite musique des films de Claude Sautet, qu’il habille d’élégance en portant des costumes italiens tirés à quatre épingles et des chaussures brillantes. Le commissaire-priseur aime le beau et le rare. Et c’est tant mieux. Finalement, c’est bien ce qu’il est censé mettre en vente.

À Prestige Auto Beaune

Après avoir tenté de reprendre un bureau à Chalon-sur-Saône, Alexandre Landre a racheté une toute petite étude à Semur-en-Auxois. Un acte tout sauf manqué, qui lui met le pied à l’étrier, il y a à peine trois ans. Depuis, il s’est beaucoup investi à Beaune. On le verra à l’œuvre tout début juillet, lors de la première édition de Prestige Auto Beaune, durant lequel il fera passer sous son marteau des voitures, des montres et des avions d’exception. L’homme va vite. Il a mis une option sur l’ancienne banque de France de la ville, dont il fera, à terme, une vitrine de renom pour l’exercice de son art.

Vision d’entrepreneur

Beaune est donc le siège d’une stratégie purement entrepreneuriale et familiale. C’est « là où je veux habiter, là où je veux développer mes affaires en famille ». Près de lui, il y a la maman Florence, « l’alliée naturelle sur le terrain de la culture ». Puis François, dont le cursus d’expert-comptable trouve bonne place dans une entreprise qui, aujourd’hui, représente près d’une trentaine d’employés. Outre Beaune et Semur-en-Auxois, la maison Landre possède désormais une adresse importante à Nancy (là où vécut aussi la famille) et, depuis peu, rue de Bourgogne (ça ne s’invente pas) à Paris. Le troisième frère n’est pas en reste. Transporteur au Creusot, Charles vient de lancer, en relation avec son cadet, une activité de transport d’objets spéciaux. Devinez pourquoi.

Totalement décomplexé, sous son costume impeccable du commissaire-priseur bouillonne une sorte de « punk », image qu’il assume. Alexandre Landre peut aussi bien agacer que susciter une certaine admiration pour l’audace dont il fait preuve. Mais là n’est pas son problème. Cash et sans faire monter la cote, il défend une idée nouvelle des services d’une maison de vente « culturelle et logistique, avec une vraie conscience de la valeur ajoutée de l’expertise et du stockage des objets ». Et n’hésite pas à considérer certains de ses confrères comme de « grands bourgeois, alors que je défends une réflexion d’entrepreneur ».

Son chiffre d’affaires, 1,7 million d’euros pour l’exercice en cours, cautionne le propos. S’y ajoute une philosophie qui le place de suite dans une perspective à long terme : « Je me sens porteur d’une cohérence proche de celle des Valois, qui capitalise sur les réseaux et la confiance gagnée des vendeurs. » DBM reviendra donc dans ses prochaines parutions sur deux thèmes qui ne manquent pas de sel : le vin et les enchères (fin juin), puis chiner dans les campagnes (septembre). Adjugé, vendu ! 

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