Jacques Gilles est un adepte du « lâcher prise ». Son périple sur la Voie bleue fraîchement réalisée entre Lyon et la frontière luxembourgeoise se résume à du plaisir. Comme d’autres cyclotouristes, il se réjouit que
Saint-Jean-de-Losne soit à la croisée des véloroutes.

Le vélo est un bon moyen de s’approprier en douceur les paysages des rives de Saône. Pas vrai mesdames ? © Isabelle Smolinski

« Deux shorts, deux tee-shirts, une roue, trois ou quatre chambres à air, des tongs et ma carte de crédit ! » L’inventaire est rondement mené. Demain à l’aube, Jacques Gilles s’élancera pour un long périple à vélo en direction de ses Cévennes natales. La descente via la vallée du Rhône, et la remontée par le Massif central, soit « 1 000 km pour 13 000 mètres de dénivelé positif » ! 

L’ancien rugbyman n’en est pas à son premier coup de pédale. S’il en mord pour les longues distances et les véloroutes de France, « c’est par plaisir, pas pour la compétition, car on roule à 20-25 km/h de moyenne, pas plus, on évite les grandes routes, on traverse les villages ». Soit environ 6 à 7 heures de vélo par jour, parfois seul, mais souvent en partage : « On croise beaucoup de monde, on fait des kilomètres avec des gens qu’on ne reverra jamais. Je me souviens de deux Anglais qui faisaient Mulhouse-Marseille, avec qui j’avais fait un bon bout de route. »

Jacques Gilles empruntera une partie de la Voie bleue, cet itinéraire dont on parle beaucoup en cette année 2020 : 700 km de voies fraichement aménagés entre la frontière luxembourgeoise et Lyon, en passant par la Côte-d’Or, notamment Saint-Jean-de-Losne. La véloroute ambitionne de longer les plus belles voies d’eau du quart nord-est de la France, la Moselle, le canal des Vosges, et donc la Saône.

La Voie bleue en mode évasion

À Saint-Jean-de-Losne et à Seurre, les professionnels du tourisme saluent le projet. Le nouvel itinéraire amène forcement de nouveaux visiteurs venus de très loin parfois. Mais la Voie bleue n’est pas pour autant l’apanage des cyclistes au long cours. On peut emprunter en famille les différents tronçons imaginés par ses concepteurs. À commencer par les 23 kilomètres qui relient Seurre à Saint-Jean. En chemin, depuis Pagny, il est même possible de gagner l’abbaye de Cîteaux, à 12 kilomètres de là par des petites routes tranquilles. 

Jacques Gilles est enthousiaste : « La France est de mieux en mieux aménagée en parcours cyclables. Alors que la cohabitation entre cyclistes et automobilistes est de plus en plus difficile, on ne peut que se réjouir de la création d’itinéraires ainsi sécurisés. La Voie bleue va nous offrir encore plus d’opportunités. » Demain, il se mettra en selle. Chaque soir, une nouvelle halte. « Certains dorment à la belle étoile, moi je m’octroie une chambre et une bonne table. Notre pays est magnifique, et le vélo est le meilleur moyen de la découvrir. Je suis un adepte du lâcher prise, c’est une forme de défi, sur le vélo, tous les soucis du quotidien s’envolent. »

Avant de partir, notre cyclotouriste rendra visite à ses amis du Club cycliste de Saint-Usage. Ensemble, trois fois par semaine, ils roulent, rien que pour le plaisir. Sur un territoire déjà irrigué par l’EuroVélo 6 qui relie Nantes à Budapest et par la véloroute du Canal de Bourgogne. Un territoire cyclable par excellence.   

La Voie Bleue relie la frontière du Luxembourg à Lyon au fil d’un parcours de près de 700 km le long de la Moselle, du Canal des Vosges et de la Saône. © D.R

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