Livres en vignes: J’ai fait « glouglou » avec Mimi et Fifi

Livres en vignes célèbre Colette et le lien universel entre la chose bue et la chose lue. Se nourrir des deux est un luxe indispensable. Il est donc fortement indiqué, ce week-end, de se rendre au château du Clos de Vougeot pour profiter de l’instant présent et, comme nous, faire « glouglou » avec Mimi et Fifi.

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Tout le monde ne parle que de ça dans la Côte viticole: les émissaires d’Icomos (le Conseil International des Monuments et des Sites) font en ce moment même le tour des vignobles les plus prestigieux de la Bourgogne pour apprécier, in situ, le bien fondé de la démarche engagée pour obtenir la reconnaissance des Climats en tant que patrimoine universel. L’affaire occupe les esprits, mobilise les gens et les élus, interpelle parfois au risque d’occulter d’autres manifestations de l’esprit qui ne manquent pourtant pas d’intérêt.

Car, à l’ombre de la tournée des grands ducs des représentants de l’Unesco, la vie continue mesdames et messieurs. Elle se poursuit sous le signe du terroir et de la plume, entre les lignes autant qu’entre les vignes, grâce à un événement créé de toutes pièces par Evelyne Philippe, avec le soutien et l’admiration inconditionnels de son auteur de mari Bernard Lecomte.

En réalité, Livres en vignes mérite une inscription au Patrimoine mondial de l’Unesco, pour avoir notamment installé un lien charnel entre le chose lue et la chose bue. C’était à ce point remarquable, au moment de l’inauguration hier soir, lorsque l’académicienne Dominique Bona, débarquant sur le fil, s’est adressée avec la prestance d’un chef d’Etat face à un auditoire intellectuellement haut placé, décidé à défendre jusqu’au sang (de la vigne s’entend) le sort du livre.

download_20140927_105627 Entre les murs cisterciens du château du Clos de Vougeot, l’événement imprime un ton différent à ce lieu pourtant si protocolaire habituellement. Il permet à un auteur de BD comme Tolmer, lauréat du Prix du Clos de Vougeot, de sortir de ses bulles et expliquer sans complexe que son désopilant (et pas forcément politiquement correct) Mimi, Fifi et Glouglou est né d’une trentaine d’années de travail au fond des caves et autour du zinc. Grâce à la littérature, le vin voyage et franchit certaines frontières entendues pour lever toute hypocrisie bien-pensante. Il se fixe sur ce qu’il a de mieux à proposer: l’ivresse des mots, la convivialité, le partage et l’évasion des auteurs.

On vu ainsi le patron d’une grande maison de vins, Albéric Bichot, heureux comme un gosse d’avoir à remettre le prix qui porte son nom à Akli Tadjer. Que dire des Chats de Louise Michel, évoqués par leur « géniteur » Christian Wacrenier (Prix Méo-Camuzet) comme un signe du destin alors que cette septième édition célèbre les 80 ans de la disparition d’une mère-chat, la sublime Colette.

Livres en vignes propose de mordre à pleines dents dans de solides propositions écrites et de boire les subtiles paroles d’auteurs au bord de la vinification intellectuelle. Puis de se souvenir que l’esprit reste à jamais le plus universel des liens. Alors, profitons de ce beau week-end pour en puiser quelques senteurs.

Le programme sur: www.livresenvignes.com

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