La Saint-Vincent tournante de Puligny-Corpeau-Blagny et la Vente des Hospices de Nuits se retrouvent en collision le week-end des 19 et 20 mars. Mais si cet accident de calendrier était une chance ? La tarte Tatin est bien née d’une renversante erreur de cuisson. Ne serions-nous pas en train d’inventer le grand week-end festif viticole dont la Bourgogne n’avait jamais osé rêver ?

Le 22 janvier, comme tous les ans, les vignerons bourguignons ont fêté leur saint Vincent. Chaque village s’y est mis, maintenant le lien avec l’histoire des sociétés de secours mutuel et l’esprit d’entraide cher aux gens de la terre.

Cette édition 2022 avait cependant un goût étrange. Pour la première fois, elle ne précédait pas d’une semaine la grande Saint-Vincent tournante. Après avoir été tout bonnement écartée du calendrier 2021, la Saint-Vincent de Puligny-Blagny-Corpeau a été repoussée au week-end des 19 et 20 mars. Cette date a été choisie dans un contexte d’urgence, sous la pression de la crise sanitaire. Et ce qui devait arriver dans la précipitation arriva : pour des raisons multiples, sur lesquelles il est inutile de revenir, ce choix est en percussion avec le week-end de la Vente des Hospices de Nuits-Saint-Georges.

D’un temple à l’autre

L’affaire a fait grand bruit. Les Nuitons se sentent menacés par une telle concurrence. D’autant que leur propre date a été choisie en fonction de celle de la vente de charité pour l’hôpital, elle-même placée comme le point de départ des Grands Jours de Bourgogne, l’événement professionnel qui attire des journalistes influents du monde entier. Les organisateurs du semi-marathon de Nuits-Saint-Georges et du salon du chocolat craignent de perdre du public, des bénévoles et des participants. Les vignerons de Nuits tentent quant à eux de maintenir leur salon, en adaptant leurs horaires, car le samedi matin, ils seront aussi du défilé de Puligny. Toutes ces frustrations sont bien naturelles.

Mais si, au bout du compte, on regardait le verre à moitié plein ? Considérant, finalement, que cette concentration inédite de grands rendez-vous viticoles, fait de la Bourgogne le point de mire international de l’événementiel. Une communication interactive et bien pensée, ne pourrait-elle pas, par exemple, glisser le public de Puligny-Montrachet jusqu’à Nuits-Saint-Georges et inversement ? Du temple mondial du chardonnay à celui du pinot noir ? Cela a fière allure, non ?

Erreur de cuisson

Le week-end des 19 et 20 mars pourrait même devenir la tarte Tatin de l’esprit de fête. Le succès des sœurs Tatin est le fruit d’une erreur de cuisson, d’une tarte renversée. Aujourd’hui, c’est un standard de la cuisine française. Si elle n’avait pas trop déversé de moutarde (ou de paprika selon les versions) dans son plat, madame Gaston-Gérard n’aurait pas non plus inventé le poulet qui porte son nom.

Alors, soyons confiants les amis. Nous ferons les comptes le 20 mars au soir. Il se pourrait bien alors que la Bourgogne aura créé, à l’insu de son plein gré, le grand spot viticole touristique et festif qu’elle n’aurait jamais osé imaginer auparavant. Et puis déguster du vin au tout début du printemps, ça ne peut pas être moins agréable que le dernier week-end de janvier. Ça, c’est dit aussi !

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