Installés à Rully, Sylvain et Lucie Ponsot nourrissent de belles ambitions pour une appellation « au potentiel énorme ». Épanoui entre ses vignes blondes, le couple a signé son premier bouzeron en 2015. Et n’entend pas s’arrêter en si bon chemin.

Sylvain et Lucie Ponsot dans les vignes blondes de Rully © Julien Lasota

Sylvain Ponsot n’est pas un jeune premier. Il a repris le domaine rullyotin de son père en 1996, étirant ainsi le fil à la troisième génération. Son épouse Lucie l’a rejoint au sein de l’exploitation en 2015, millésime de leur première cuvée d’appellation Bouzeron. Monsieur a depuis eu la délicatesse d’apposer les deux prénoms sur l’étiquette, comme pour montrer qu’il s’agit bel et bien d’une aventure qui se vit à deux, avec l’intensité qu’un développement suggère. « En 2015, nous produisions 7 000 bouteilles, en 2017 nous sommes passés à 20 000, maintenant on vise à terme 45 000 », retrace Lucie, sachant que le domaine commercialise pour l’instant 30 % du volume total produit, dont 90 % auprès des particuliers. Sur ce point, tout reste à faire : « Nous voulons vendre un maximum de notre production dans notre caveau, en profiter pour parler du métier, organiser des visites, créer un moment de partage. »

Identifier, valoriser

Là où il pourrait céder à la tentation de capitaliser uniquement sur Rully – personne ne leur en voudrait, car Sylvain et Lucie signent de séduisants premiers crus Rabourcé et Vauvry en blanc (en rouge également pour ce dernier) –, notre duo aime son aligoté et compte bien libérer toute son expression. « C’est un cépage assurément surprenant, d’autant plus à Bouzeron où l’on sent vraiment la notion de terroir. » À tel point que depuis 2018, les Ponsot délivrent un bouzeron avec un nom de climat, Les Cordères. « Une façon noble de l’identifier et le valoriser », explique Sylvain, qui y voit aussi « un respect des origines, auxquelles nous attachons beaucoup d’importance ». Ainsi, le couple enherbe certaines parcelles et teste des vinifications en foudre sur les blancs pour qu’ils soient moins marqués par le bois.
En résulte un aligoté « facile à boire, avec une structure et une complexité qui découlent directement de l’élevage en fût ». Un vin frais donc, mais pas que : « On y trouve des notes acidulés, une belle minéralité, qui sied aussi bien à l’apéritif qu’avec des plats, de la charcuterie, des fruits de mer… » En résumé, de quoi séduire tous les palais, y compris ceux d’« une clientèle nouvelle, qui prend la peine de descendre progressivement en Bourgogne et cherche des appellations peut-être moins prestigieuses, mais à un haut niveau de qualité et encore accessibles ». Voilà pourquoi Sylvain et Lucie s’impliquent et sont toujours partants pour « participer aux manifestations comme Aligoté in Dijon, qui mettent en avant le village et cette appellation au potentiel énorme. »


Earl Sylvain et Lucie Ponsot, 17 rue des Buis à Rully
06.89.84.23.05 et 06.81.77.65.78 – sylvain.ponsot@sfr.fr

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