En 1963, le CS Beaune devient le premier club de la région à être sacré champion de France de rugby 3e série. Récit d’une épopée fantastique qui restera dans les annales des bleus et blancs.

L’équipe championne de France, saison 1962-1963. Photo d’archives issue de l’historien du club Pierre Denizot, que l’on voit debout (deuxième à gauche). Au centre en costume, le président Jean Roblin. © CS Beaune

Faute d’être mémorable pour les vignerons, le millésime 1963 se classe tout au haut de l’armoire à trophées. « Qui aurait pu croire, en début de saison, qu’on deviendrait champions de France ? » Soixante ans plus tard, Pierre Denizot n’en revient toujours pas. Pour cause, le club a trainé la patte de 1957 à 1962. « La plupart des jeunes du club ont été appelés pour combattre en Algérie. Quand je suis revenu en 1961, on a été rétrogradé en promotion d’honneur par manque d’effectif », retrace celui qui est aujourd’hui vice-président du club. L’homme aux 70 licences est le livre d’or vivant du CS Beaune. Rien ne lui échappe, surtout pas les événements qui l’ont précédé. Normal : « Mon père Henri était gymnaste à La Beaunoise et a participé à la création du CSB. » Pierrot a grandi dans un couffin bleu et blanc.

À peine rentrés d’Algérie, les joueurs de l’équipe fanion retournent sur leur champ de bataille préféré. « Après des années sans toucher à un ballon, je peux vous garantir qu’on était morts de faim. On aurait dit des vrais chiens enragés sur le terrain ! » Emmenée par le capitaine Daniel Loiseau, un ex international français né à Beaune et passé par Toulon, rien ne peut arrêter cette bande de copains soudée. Les bleus et blancs marchent sur l’eau et terminent invaincus du championnat promotion sans encaisser le moindre point (goal average de 132 à 0). 

Victoire finale… 3-0

Après le championnat régional viennent les phases finales nationales. Saint-Jean de Bournay en 16e de finale (8-0), Mulhouse en 8e (6-5), Bron en quarts de finale (3-0) puis Saint-Lys en demies (14-0). Le quinze du CS Beaune poursuit sa série. « C’est là qu’on commence à rêver au titre suprême. On était à 80 minutes de le faire. Malheureusement, je me suis blessé en demies et je n’ai pas pu participer à la finale », regrette encore le Pierrot.

Place à un gros morceau en finale : Laloubère, un club des Hautes-Pyrénées sacré champion de France 2e série deux ans plus tôt. Beaune se déplace dans le Vaucluse pour jouer. « On craignait cette équipe. C’est le fief du rugby, là-bas ! On avait un profond respect pour les équipes du Sud-Ouest, on se méfiait… » Peu aidé par des éléments déchainés ce jour-là, Beaune est sacré champion de France 3e série sur le plus petit des scores (3-0). Le vent n’a pu empêcher Roger Perraut d’offrir la victoire aux siens d’un coup de pied miraculeux entre les poteaux. « On a fait la fête pendant quinze jours. On était reçus partout et même à Nuits, dans le bistrot de Jean Fargeot. C’est dire ! » La fête se poursuivra jusqu’à l’été avec un match d’exhibition du XV de France. L’événement rassemblera presque 3 000 spectateurs, entassés autour de la main courante de Jean-Guiral. Le grand cru de 1963 restera à jamais le meilleur du rugby beaunois. En attendant les autres récoltes, cela va de soi.

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