Rebaptisé Côte-d’Or Attractivité, le bras armé touristique du Département sort de son cadre historique et signe son entrée dans la politique territoriale. C’est la conséquence logique d’un monde nouveau où tourisme et art de vivre sont devenus des arguments de premier plan pour motiver des choix de vie. Sa présidente Marie-Claire Bonnet-Vallet en est la première convaincue.

Marie-Claire Bonnet-Vallet, président de Côte-d’Or Attractivité. © Jean-Luc Petit

« On avait des intuitions très fortes sur ce sujet dès 2018. » À aucun moment, Marie-Claire Bonnet-Vallet veut mettre la récente et spectaculaire évolution de Côte-d’Or Tourisme sur le seul compte de la crise « covidienne ». Avant le virus, il y avait déjà dans l’air des envies de nouvelles expériences, une aspiration à un tourisme plus durable, et le désir profond, chez beaucoup de nos concitoyens, de changer de cadre pour mener une vie plus paisible et plus simple dans nos provinces. C’est ainsi que le bras armé touristique du Département, qu’elle préside depuis de nombreuses années, a été renommé Côte-d’Or Attractivité.

Fuir Paris ?

Il est intéressant, dans ce contexte, de parcourir certains sites comme partirdeparis.fr ou paris-jetequitte.com. Les arguments qu’ils déploient sont chocs. À Dijon, par exemple, les salaires seraient moins élevés de 28 % à compétence et responsabilité comparables, alors que le prix de l’immobilier est plus de 60 % moins cher que dans la capitale. Il y aurait même plus de soleil au pays de la moutarde que sur la pelouse du PSG. Voilà qui devrait inciter certains à soutenir le DFCO ! Il se dit aussi que près du tiers de la population vivant en Île-de-France pense plus ou moins à quitter son environnement. Voilà qui interpelle.

Plus généralement, les nouvelles générations sont en quête d’expérience nouvelles. « La crise sanitaire a été un accélérateur sociologique profond, on ne peut le nier, mais les grands urbains, portés par le télétravail, veulent réinventer leur quotidien », analyse Marie-Claire Bonnet-Vallet. Pour celle qui tient aussi les rênes de la mairie de Pontailler-sur-Saône, c’est doublement une bonne nouvelle. Favoriser le tourisme, c’est favoriser les éclairages sur des contrées qui méritent d’être découvertes, c’est envoyer des messages positifs à une population demandeuse d’espace et de qualité de vie.

Présentation de la nouvelle entité Côte-d’Or Attractivité, le 16 mai dernier, dans les locaux du Département de Côte-d’Or. © A.C

Tourisme, porte d’entrée

« Sur ce point, souligne la présidente de Côte-d’Or Attractivité, notre département est une mosaïque de propositions extraordinaires, avec des paysages d’une grande variété et des témoignages de notre histoire qui traversent toutes les époques. » Ce thème de « la petite France » régulièrement utilisé par François Sauvadet à l’endroit de sa chère Côte-d’Or, trouve ici une belle résonance. Dans ce territoire qui cumule Cîteaux, grands crus, grands ducs, rivières, châteaux et tant d’autres choses, il faudrait être aveugle ou insensible pour ne pas se laisser séduire.

Côte-d’Or Attractivité demeure avant tout une agence de développement touristique. Mais l’enveloppe de 400 000 euros, soit plus de 30% de budget supplémentaire, confirmée en début d’année, élargit son champ de tir. Le tourisme est une porte d’entrée, vivre ici peut en être la finalité. « Je dois respecter un véritable équilibre territorial de ces fonds, afin qu’il n’y ait pas de trou dans la raquette, et j’y travaille en étroite collaboration avec les communautés de communes. » Cette interaction avec les « comcoms » permet, dans un premier temps, de faire remonter des informations brutes que l’outil touristique n’avait pas forcément pour habitude, et encore moins pour mission, de faire remonter. Deux postes ont ainsi été créés pour construire une ingénierie d’assemblage et de consultation. Il s’agira ensuite de communiquer dans le bon sens.

Le milliard de CA ?

Les entreprises comme les réseaux généralistes seront alors sensibilisés à la cause territoriale, mettant au jour les solutions de travail et de vie que propose l’écosystème côte-d’orien. Avec une valeur ajoutée évidente pour l’équipe de Marie-Claire Bonnet-Vallet, qui « réside dans le fait que nous savons parler aux porteurs de projets touristiques, que nous pouvons les orienter vers ceux qui ont de l’expertise, en s’appuyant sur deux marques fortes : la Côte-d’Or J’adore et Savoir‑faire 100% Côte-d’Or. » Le discours fonctionne à plein lorsqu’il s’adresse à une population régionale et de proximité. Au niveau national, c’est le mot Bourgogne qui devient la marque forte.

Il faut aussi rappeler que pas moins de 8 000 personnes vivent directement de l’activité touristique dans le 21, générant 900 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019, avant le Covid. Aujourd’hui, les feux sont à nouveau au vert. La présidente de Côte-d’Or Attractivité rêve de passer un cap supplémentaire. Et si, en 2022, ce territoire qui se positionne comme « la première destination nature et patrimoine entre Paris et Lyon » franchissait la barre du milliard ?   

10 arguments de poids pour le 21
– 1 parc national des Forêts (Châtillonnais)
– 1 parc naturel régional (Morvan)
– 340 km de véloroutes et Voies vertes
– 2 400 km de parcours balisés pour la randonnée
– 12 lacs et plans d’eau, la Saône, le canal de Bourgogne et les sources de la Seine
– 2 000 voies d’escalade
– 2 sites inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco (Fontenay et les Climats de Bourgogne)
– 2 Plus Beaux Villages de France (Flavigny-sur-Ozerain et Châteauneuf-en-Auxois)
– 1 ville et 1 pays d’Art et d’Histoire (Dijon et l’Auxois-Morvan)
– 1 vignoble mondialement reconnu

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