Le Goût du Vin n’est pas seulement un caviste dijonnais compétent. Il a le triple avantage d’être agent, grossiste et importateur. Dans cette configuration, l’équipe commerciale occupe une place centrale. Mathieu, Adrien et Lucas font le lien avec les restaurateurs. Autant le (re)préciser..

Certains paradoxes ont la peau dure. « Nous avons une belle image de caviste sur la place, avec trois boutiques* très aimées. Mais cette réputation peut troubler nos relations B to B, notamment avec la restauration », résume Daniel Passeri, soucieux de ne pas exister sous une seule étiquette. Car son Goût du Vin a tout à la fois les qualités d’un agent, d’un grossiste et d’un importateur. Daniel a construit son équilibre et recruté des collaborateurs, souvent jeunes, en ce sens. 

À ce sujet, ne pas confondre : un agent représente un vigneron et reçoit une commission sur le vin qu’il expédie. Il agit comme un intermédiaire précieux, parfois exclusif, cultivant son propre réseau. Un grossiste achète en direct au vigneron et assure au client pro un approvisionnement constant, aux mêmes conditions toute l’année. Cela suppose une capacité de stockage et une logistique appropriées. De tout cela découle bien souvent le métier d’importateur, qui identifie un marché et, en relation directe avec les domaines, y fait venir des flacons de tous horizons pour les réinjecter dans différents circuits. « Au Goût du Vin, nous savons faire tout cela. Tel est notre modèle économique et notre valeur ajoutée, avec une chaîne raccourcie à tous les niveaux. » Ça, c’est dit.

L’ami des restaurateurs

Ce savoir-faire ne sort pas de la cuisse d’un Bacchus. Le patron du Goût du Vin fut lui-même un restaurateur prospère du côté de Saint-Martin, dans les années 80. Daniel Passeri a ensuite glissé naturellement vers une activité d’importateur et de grossiste avec les Grands Vins de France, qui demeure le pourvoyeur de vins n°1 des Petites Antilles. De la même manière, son entreprise dijonnaise est aujourd’hui importateur exclusif de tout son catalogue de vins du monde. Il s’agit d’adopter un positionnement distinctif, à forte valeur ajoutée.

Au quotidien, le Goût du Vin s’appuie sur une triple représentation commerciale. Adrien Paresys, 30 ans, assume le secteur du Grand Dijon. Sa formation est aussi solide que sa personne. Daniel l’a repéré alors qu’il bouclait un stage de 6 mois chez Bouchard Père & Fils, « maison que je connais très bien pour en être l’importateur depuis mes débuts aux Antilles ». Son collègue Lucas Voisin assume le reste de la Côte-d’Or et navigue entre des points hautement stratégiques comme Beaune, Chalon ou Dole. Ce millésime 96 a été embauché le 1er mars 2020. Sacré timing. Cela dit, Lucas a commencé comme sommelier chez Dr Wine. Il a donc le savoir-être et la connaissance technique du métier. C’est un atout « grand cru ». 

Mathieu Jacquet occupe la direction commerciale de l’ensemble. Ne pas se fier à son air de jeune premier. Ce garçon très sérieux combine plusieurs métiers et gère la distribution nationale des vins, en relation avec un important réseau de revendeurs. Mâconnais d’origine, il est aussi l’interlocuteur des professionnels en Bourgogne du Sud et Franche-Comté. Son assurance et son parcours parlent pour lui. À 22 ans, l’ancien étudiant de la section FCIL des Arcades (quasiment un centre de formation à part entière pour le Goût du Vin) était déjà responsable clients et œnotourisme du beau domaine Mongeard-Mugneret. Léopold et François complètent le dispositif respectivement en région parisienne et dans le Rhône.

Capital confiance

Le rôle de chacun a pris de l’épaisseur. Les restaurateurs, pour ne parler que d’eux, ont repris pied au plancher, la tête dans le rang, bien souvent avec des problématiques de ressources humaines. « Beaucoup veulent se simplifier la vie en confiant leur partie vin à un seul interlocuteur. À tous, notre message est clair : nous sommes là pour vous. » Sur le seul périmètre dijonnais, le Goût du Vin surfe sur ce contexte. Mais il faut l’attitude correspondante. « Nous devons être des partenaires de confiance et prouver nos compétences sur-mesure, en élaborant par exemple une carte des vins de A à Z », expose Mathieu. Puis, « il ne faut pas avoir peur d’aller sur le terrain, dialoguer, être force de proposition ». 

Dans un style bien à lui, Daniel Passeri délègue mais n’en perd jamais une goutte. « J’ai insisté pour conserver les mêmes réflexes, confinement ou pas. Notre catalogue de prix a été envoyé le 1er mars, comme toujours. C’est important. » Les pros de la restauration sont en effet plus sensibles qu’on ne croit à ce genre de signal. « Ce qui, d’une certaine manière, nous donne un capital confiance plus élevé qu’avant la crise sanitaire. » Qui a parlé de paradoxe ?


* Rue des Artisans à Quetigny historiquement ; rue d’Auxonne à Dijon et, depuis mars, à Ahuy dans la zone d’activités Cap Suzon.

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