Dijon Beaune Mag

Arnaud Orsel est l’intendant général de la confrérie des Chevaliers du Tastevin. Il est doublement concerné par la Vente des Hospices de Nuits et la Saint-Vincent tournante. © Bénédicte Manière
Ne revenons pas sur les raisons, considérons que c’est un grand plat avec plein d’ingrédients qui annoncent qu’on va passer un grand week-end exceptionnel. Il n’y en aura pas d’autres comme celui-ci. C’est le moment où jamais d’en profiter.
On ne refera plus la Saint-Vincent en mars. D’ailleurs, on ne célèbre pas un 14 juillet le 8 mai ! Cette opportunité accidentelle est certes très intéressante, elle permet d’inventer en quelque sorte les Trois Glorieuses du printemps. Mais à moins que le pape crée une bulle spécifique, la Saint-Vincent retrouvera son calendrier traditionnel, fin janvier. En janvier, on aime l’effort de se lever à 5h, de mettre des fleurs dans une vigne dormante, au moment où on tue le cochon. Tout cela est plein de poésie, n’est-ce pas ?
Rappelez-moi une seule dégustation qui permet d’avoir six verres de vin de Bourgogne dont des premiers crus pour 25 euros ! La Saint-Vincent tournante, c’est un état d’esprit, qui fait hommage au partage et à la solidarité. Comme en 2015, lorsqu’on a réalisé une cuvée de Clos de Vougeot pour les moines de Cîteaux. Pour assembler et rassembler, dans un esprit non lucratif.
Cette Saint-Vincent tripartie réunit une appellation méconnue et pleine de particularités, une mini Bourgogne en soi (Blagny), avec Corpeau-Puligny, deux mairies tenues par des femmes et totalement complémentaires du point de vue des appellations. Ce que Puligny n’a pas, on le retrouve à Corpeau et inversement.
La vente des vins des Hospices de Nuits est un pur joyau, avec des vins hyper ciselés. On y fait moins de battage qu’à Beaune. Pourtant, le prix à la pièce est à peu près équivalent. L’œuvre de charité se poursuit (ndlr, la confrérie achète régulièrement les mêmes cuvées, lire ici). La mobilisation des vignerons pour leur appellation est totale. On garde à Nuits, peut-être plus qu’ailleurs, cet aspect vigneron qui renvoie à l’esprit de solidarité bourguignonne.
Nous avons fait une réunion entre Nuits et Puligny au lendemain de la validation des dates communes aux deux événements. En signe de nos amitiés réunies, j’ai alors ouvert un puligny premier cru vinifié par un vigneron de Nuits-Saint-Georges. Ce week-end sera aussi le premier événement grand public du château du Clos de Vougeot depuis longtemps, symbole de reprise. Mais le néologisme « Pulignuits », dont vous avez fait si habilement la « une » de DBM, ne marchera qu’une fois.