À la marge de sa 60e vente des vins, DijonBeaune.fr passe en revue l’appellation Nuits-Saint-Georges à travers plusieurs mots ou chiffres clés. Quatrième et dernier épisode de notre série : l’esprit populaire et festif nuiton, toute une tradition.

> Épisode 1 : Nuits, sa ville et son appellation
> Épisode 2 : Nuits, ses pierres et ses climats

> Épisode 3 : Nuits, ses mythes et légendes

Reine

Il n’y a pas si longtemps, l’élection de la Reine des Vins de Nuits participait du folklore populaire, à la marge de la vente des vins. Le concours était organisé par les frères vignerons Gavignet, sous la bénédiction du syndicat nuiton et des chevaliers du Tastevin. On remettait à l’heureuse élue une écharpe portant les écussons du village et de la région, le tastevin et une cape bleue (les deux dauphines portant une cape jaune et une rouge). Durant la soirée, les jeunes hommes se disputaient les faveurs de la reine des Nuits pour une danse. Elle était ensuite conviée à tous les événements de choix entre Dijon et Beaune pour célébrer le vin nuiton. Les commerçants et marques lui offrent une ménagère, une batterie de cuisine et de la vaisselle haut de gamme, faisant d’elle l’icône de la parfaite épouse « moderne ». Autre temps, autres mœurs. Le concours tira finalement sa révérence dans les années 90. 

Semi-marathon

Trois courses rythment le week-end de la vente des vins nuitonne : le semi-marathon et son petit frère, le 10km, et le 2km pour les têtes blondes. Dans une ambiance festive, au son des animations musicales et du tintement des verres, les coureurs fendent le vignoble entre Nuits-Saint-Georges et le château du Clos de Vougeot. Certains sont là pour le plaisir et se déguisent, d’autres sont concentrés sur leur performance. Les meilleurs bouclent le semi en 1h15 environ. Il y a de la place pour tout le monde, petits et grands, bien dans l’esprit d’ouverture de l’appellation. Et les participants au semi se voient offrir une bouteille de Bourgogne. On ne court pas n’importe où !

Le semi-marathon, ici de l’édition 2017, est un moment fort de la Vente des Vins. © Clément Bonvalot

Rugby

Ici, l’ovalie règne en maître du jeu. Nuits cultive en effet une étonnante particularité pour une cité de 5500 âmes, qui ne manque jamais d’alimenter la petite polémique : le ballon rond a toujours demeuré hors-jeu. Ici, c’est rugby. À son époque, le sénateur-maire Bernard Barbier estimait complexe d’installer un terrain de football sur une commune à l’espace précieux, et comptait sur les quelques clubs alentours pour équilibrer le tableau. Du coup, le CS Nuiton est solidement installé dans le paysage. Il approche le centenaire d’existence, accueille 500 licenciés, une école de rugby, des féminines… L’équipe séniors évolue en Fédérale 1 pour la saison 2020/2021, au contact du voisin beaunois pour un derby qui ne manque jamais de tannins. Ces dernières années, le club a formé nombre de jeunes espoirs au plus haut niveau. Les amis d’enfance Arthur Retière (Stade rochelais) et Gervais Cordin (RC Toulon) en sont les plus beaux ambassadeurs. Et en dehors de la troisième mi-temps, le vin n’est jamais bien loin : staff, joueurs et bénévoles sont souvent proches des cuveries. C’est le cas du président Vincent Lecheneaut, qui dirige avec son frère Philippe le domaine familial. Le domaine Gavignet-Bethanie, lui, a carrément sorti une cuvée de Nuits au nom du fiston Arthur Retière, avec son portrait sur l’étiquette. Bientôt autour du petit frère, Edgar, joueur du Stade toulousain et international U20 ?

Vin et rugby ne sont jamais bien loin. En témoigne une cuvée spéciale Arthur Retière du domaine Gavignet-Bethanie, géré par les deux sœurs Christine et Claire. La première n’est autre que la maman du jeune joueur de La Rochelle, qu’elle a eu avec Didier Retière, actuel DTN de la fédération. © Domaine Gavignet-Bethanie

La Cabotte

En Bourgogne, une cabotte, c’est une cabane de pierre dans les vignes servant à abriter le vigneron. Depuis 2000, c’est le nom de l’association qui contribue à l’esprit de convivialité du territoire. Son infatigable président Christian Delin et les bénévoles rythment ainsi toute l’année la vie nuitonne. La fête du chocolat, à la marge de la vente des vins, est un de ces moments emblématiques. Dans la salle des fêtes de la rue Thurot, autour du champion du monde de la discipline Mickaël Azouz, on se régale de défilés, ateliers-conférences, dégustations, démonstrations d’apprentis, de propositions d’artisans locaux… Même principe pour le salon du fromage (septembre), du vin bourru (octobre, lire vin bourru), des fruits de mer (novembre) ou, dans un autre style, de l’habitat (fin mars). Sans oublier la soirée de prestige des Cabottes d’Or, au château du Clos de Vougeot. Tout est bon pour célébrer nos amitiés et le vin d’ici.

Vin bourru

Ne pas confondre « bourru » et vin bourru. Le premier est fréquentable avec le temps car c’est un bougon qui a bon fond finalement. Le deuxième, jus de raisin en cours de fermentation, est à boire tout de suite. De couleur un peu brune, versé à l’automne pour fêter la fin des vendanges dans un esprit de franche camaraderie, le vin bourru contient encore beaucoup de sucre et provoque une sensation de perlant en bouche. Si vous le gardez quelques temps à la maison en bouteille, les levures continueront à transformer le sucre en alcool. On ne peut pas porter un jugement sur la qualité de ce jus car le sucre l’emporte, il faudra attendre la première fermentation malolactique pour juger la qualité du millésime. À Nuits-Saint-Georges, on fait la fête au bourru fin octobre, grâce à l’association La Cabotte, encore elle.

Chemin Gourmand

Le paysage nuiton se prête bien aux balades. Fin juin, ils sont plus de 1500 à fouler le Chemin gourmand, qui serpente dans le vignoble et les bois du coteau sur 7 km, avec cinq étapes gourmandes et festives. Derrière cet événement très couru, le service d’accueil de jour de l’Agef, œuvrant pour les familles d’enfants handicapés, avec le soutien de Bourgogne Magazine. Les bénéfices financent le fonctionnement de l’association.

Nuits au Grand Jour

Avant la vente des vins, le salon vigneron Nuits au Grand Jour rassemble sous les halles ce qu’il se fait de mieux dans l’appellation. Une quarantaine de producteurs y font déguster leur production, sous la bonne organisation du syndicat viticole.

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