Quinze ans maintenant que les Cummings ont succombé aux charmes de l’Abbaye de la Bussière, dans la vallée de l’Ouche. Originaire du Sussex, la famille a réussi le pari de transformer le superbe monument cistercien en temple de la gastronomie et du bien vivre à la bourguignonne. Épisode 1 de notre « English Chronicle » sur les anglophones de Côte-d’Or.

Ce matin-là, comme tous les jours, il est au four et au moulin. Un bonjour aux équipes, une formation incendie, deux ou trois petits soucis à régler, des sourires aimables aux clients qui parcourent l’étonnant parc… À L’Abbaye de La Bussière, Clive Cummings est dans son élément, cela ne fait aucun doute. Quinze ans que le natif du Sussex a quitté son bord de Manche pour la vallée de l’Ouche. « Je m’en souviens comme si c’était hier. La vallée, le canal, ce bâtiment cistercien incroyable, l’ambiance… », retrace l’intéressé, bien conscient de saisir ici l’œuvre d’une vie. « Ce fut un travail de titan. Je débarque avec mon épouse et nos quatre enfants, qui ont tous moins de 10 ans, pour commencer la rénovation du site. Quinze ans après, nous avons 20 chambres et deux restaurants – Le 1131 étoilé au guide Michelin et Le Bistrot des Moines Bib Gourmand dans lequel notre chef Guillaume Royer, Meilleur Ouvrier de France, excelle. L’Abbaye de la Bussière est un lieu qui rayonne avec une belle réputation et j’en suis fier ! » 

Abbaye ou abeille, that is the question

Clive parle volontiers de sa vocation pour l’hôtellerie et la restauration, découverte très tôt dans les basques de ses parents, propriétaires d’un pub. « J’avais 9 ans, je me suis ensuite formé à tous les métiers du secteur. J’ai fait mon école à Londres, là où j’ai commencé en salle, avant de mener une entreprise de traiteur. C’est grâce à un ami que j’ai trouvé ce fabuleux challenge en Bourgogne. » L’autre fierté de Clive et de son épouse Tanith, c’est d’avoir réussi un vrai business de famille : trois générations de Cummings sont aujourd’hui à l’œuvre à l’Abbaye.

Les parents de Clive sont venus s’installer ici, son papa veille sur le jardin, sa maman prend soin de la décoration. La fille ainée du couple est cheffe de réception, tous les enfants sont parfaitement bilingues… « En tout cas, beaucoup plus que leur papa (sourires). Ils sont arrivés jeunes ici, sont scolarisés dans le coin… ça aide ! Moi, le grand problème , c’est mon accent anglais. Je comprends le français, très bien même, mais lorsqu’il faut s’exprimer, mon accent me trahit parfois. Tiens, un exemple : abbaye et abeille. Quand je dois donner mon adresse pour une facture, ça se complique. Non, cher monsieur, je ne suis pas à l’Abeille de la Bussière ! »

L’anglais, langue élémentaire

Les langues justement, tiennent un rôle central : « Seulement 35 % des clients sont français. L’été, 15 nationalités peuvent se croiser ici. Des Anglais évidemment, des Américains, des Australiens, des Canadiens, des Suisses, des Allemands, des Belges, et même des Brésiliens. Beaucoup sont anglophones et nous devons être à la hauteur. L’exigence est certes moins importante pour un collaborateur en cuisine, mais en salle et à la réception, c’est indispensable. Notre concierge-bagagiste est anglais. Nos collaborateurs en œnotourisme sont parfaitement bilingues. Les candidats à une embauche au poste de réception parlaient tous anglais, je pense que c’est élémentaire. » Mon cher Watson !

Tel est l’environnement dans lequel les Cummings veulent encore grandir. « Nous tâchons d’innover, dans la mesure du possible. J’ai l’idée d’un club de vin, d’une piscine naturelle dans le parc, d’un espace bien-être… J’étudie aussi la possibilité de passer à 35 ou 40 chambres, car il y existe un grand bâtiment à rénover. Il faut avancer, petit à petit ! »   

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