Le CS Beaune évoluera en Nationale 2 la saison prochaine. Une motivation supplémentaire pour son coach néo-zélandais, Hugh Chalmers. L’ex rugbyman pro au style Peaky Blinders est l’invité de notre english chronicle.

Peu de rugbymen aimaient se frotter à lui au cœur d’une mêlée ou à la retombée d’une touche. À 37 ans, Hugh Chalmers est resté ce gaillard au poil hirsute (1,92 m, 107 kg), une sorte de Chabal néo-zélandais que vous n’aimeriez pas avoir sur le râble. En dehors du terrain, pourtant, il retrouve une douceur presque enfantine. Tel est son style, régulièrement affublé de casquettes tellement so british qu’il pourrait bien devenir un héros façon Peaky Blinders

Signe du destin

Hugh n’a pas grandi dans les faubourgs de Birmingham mais dans un village tranquille de Nouvelle-Zélande. Sans surprise, le jeune kiwi touche son premier ballon ovale à l’âge de 4 ans. Piqué, il joue jusqu’en moins de 19 ans avec son grand frère. À cette époque, il quitte l’école pour porter des palettes dans une usine où il croise la route d’un jeune étudiant en droit : Conrad Smith, devenue une légende des All Blacks. À cette époque, les deux n’imaginaient pas se retrouver 15 ans plus tard sur les pelouses du Top 14. Las des palettes, Hugh s’essaye à une carrière de journaliste sportif dans le canard du coin, The Aucklander. Le garçon est curieux et plutôt bon rédacteur. Mais son rêve de gosse finit par prendre le dessus. Les London Irish, un club britannique, veulent le tester trois mois.

Audrey from Le Creusot

Mais ça ne matche pas. Hugh doit retrouver un petit boulot s’il veut rester sur le continent. Il garde malgré tout dans un coin de sa tête le rêve de faire carrière. À raison, car on lui donnera finalement l’opportunité de débarquer dans l’Hexagone. 

D’abord à Montluçon, en Fédérale 2. Puis à l’AC Bobigny, en 2007, où la porte du monde professionnel s’ouvre à lui. Un grand millésime pour Hugh Chalmers. Lors d’un déplacement à Bègles, en Gironde, il rencontre la femme de sa vie, avec qui il a aujourd’hui deux petites filles. « Audrey est originaire du Creusot. Mon histoire avec la Bourgogne, elle commence ici ! » 

Avant d’atterrir dans la capitale des vins de Bourgogne, c’est au cœur du vignoble bordelais qu’il vit son french dream. Dix ans de bons et loyaux services à l’Union Bordeaux-Bègles, où il est rapidement devenu le chouchou du public. Meilleur sauteur en touches du Top 14 pendant plusieurs années, ce « flanker » (surnom donné à un troisième ligne aile) particulièrement fiable aura disputé 230 matchs sous le maillot bordelais avant de finir son honorable carrière à Vannes, de 2018 à 2020. 

Jeune retraité, Hugh ne peut pas tenir en place. Problème, le Covid débarque. Le journaliste adolescent refait alors surface : il lance un podcast, « Les sept familles de Chalmers » (toujours disponible sur les7famillesdechalmers.com), où il présente des personnalités du monde du rugby qu’il a côtoyées tout au long de sa carrière. L’initiative dit beaucoup de cette personnalité attachante et curieuse, toujours enclin à trouver une issue par le collectif.

À Beaune pour durer

On ne devient pas entraîneur par hasard. C’est ainsi que Beaune, intéressé par son profil, vient à lui. Dans le même temps, son épouse cherche à revenir au pays. Les planètes sont alignées. « J’adore voyager, mais aujourd’hui, j’ai très envie de m’enraciner en Bourgogne », assure le néo-beaunois, qui a trouvé un cadre de vie idéal pour sa famille. Hugh s’est engagé pour un projet de quatre ans particulièrement structuré (lire DBM n°92 sur les 100 ans du club beaunois) avec objectif final : accéder à la Nationale 1. Entouré de son adjoint Mickaël Chenais, lui aussi entraîneur au parcours atypique, et du jeune préparateur physique Pierre Montagneux, il diffuse son style bien à lui : travailleur, humble et pro. Le président André Goichot est séduit. 

Et les choses vont plus vite que prévu. Malgré une 10e place la saison dernière, une bonne nouvelle est tombée du ciel : à la faveur d’une refonte conséquente des championnats, la FFR a décidé de faire monter le CSB en Nationale 2, le tout nouveau championnat faisant office d’antichambre entre Fédérale 1 et Nationale 1. Même si elle s’accompagne de nouveaux enjeux et d’une petite pression, la nouvelle a sûrement été fêtée comme il se doit au stade Jean-Guiral. Sans alcool pour Hugh, qui a gardé ses habitudes de sportif de haut niveau. « Je ne bois pas. Donc me servir un verre du vin, c’est un peu du gâchis… Je préfère le laisser à ceux qui l’apprécient. En revanche, j’adore cet esprit de partage et ce goût du plaisir qui règne dans le monde du vin. » Ouf ! On allait commencer à se vexer…

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Tous les épisodes « Wall Street English »
🇳🇿 #13 Hugh Chalmers, entraîneur néo-zélandais du CS Beaune
🇺🇸 # 12 Denis Toner, Beaune in the USA
🇬🇧 #11 Paul Day, sculpteur bourguignon d’adoption
🇺🇸 #10 Tobias Yang, directeur du Château de Chailly
🇺🇸 #9 Becky Wasserman, adieu à une grande dame du vin
🇦🇺 #8 Jane Eyre, ex-coiffeuse devenue Négociante de l’année 2021
🇺🇸 #7 Brittany Black, créatrice d’une librairie anglophone
🇬🇧 #6 Christopher Wooldridge, le docteur vélo et mister bike de Dijon
🇺🇸 #5 Alex Miles, personnage multicasquette et fin gourmet
🇬🇧 #4 Deborah Arnold, Dijon et sa cité des dukes
🇬🇧 #3 Jasper Morris, pape des dégustateurs en Bourgogne
🇦🇺 #2 Kevin Pearsh et ses totems de Commarin
🇬🇧 #1 Clive et Tanith Cummings, protecteurs de l’abbaye de La Bussière

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